Premier président du conseil de gouvernement du Sénégal entre 1957 et 1962, il est présenté dans un texte de Mâati Monjib (Mamadou Dia et les relations franco-sénégalaises), comme faisant partie de ce groupe de leaders phares de l’indépendance, victimes du néocolonialisme et/ou de la violence politique endogène.
De ses qualités, il est retenu :
- son absolue rigueur morale, qu’il a voulue imposer à ses compatriotes ;
- son attachement profond à la morale religieuse ;
- son ancrage au développement endogène et à l’indépendance totale ;
- son austérité appliquée aussi à l’élite de l’état et, qu’il justifie comme une nécessité ordonnée par l’éthique du développement.
En témoigne cette réaction après sa grâce. En effet, commentant son emprisonnement et sa sortie, il a fait observer (i) qu’une fois dans sa cellule, il avait fini d’acter que Senghor et lui n’en étaient plus pour rien. Désormais, il lui fallait prouver à Dieu qu’il acceptait Sa décision ; (ii) après une dizaine d’années d’emprisonnement avec les conséquences connues sur sa santé, il n’avait de rancœur contre personne ; (iv) que quand il voit ce qu’est devenu notre pays avec ses nouvelles dépendances alors qu’on était si bien parti et que nous pouvions faire tâche d’huile en Afrique, évidemment, cela il ne peut pas le pardonner.
Faire preuve (i) de réalisme, (ii) de don de soi dans la piété et la rigueur morale, (iii) d’attachement sans concession à notre pays et à son développement intégré et inclusif, (iv) de conviction dans la défense de l’intérêt national et de l’épanouissement de nos compatriotes, constituent autant d’atouts partagés avec ce grand patriote et qui, pour notre mouvement, sont indispensables dans la refondation de notre nation.


